Une bulle parmi d’autres : les prêts étudiants aux Etats-Unis

L’engrenage de l’endettement ne peut être stoppé. Motivé par la course à la croissance, le gouvernement américain ne tente pas de mettre un frein aux multiples formes de crédit privé, en particulier celle des emprunts étudiants qui prend des proportions alarmantes. Consciente tout de même d’un certain danger, l’administration Obama souhaite agir…

Une dette astronomique et des défauts de paiement

Le montant total de la dette des étudiants étasuniens a dépassé les 1 200 milliards de dollars. En additionnant ces emprunts à ceux contractés en 2013 par les américains pour acheter une voiture, on dépasse le montant total des emprunts immobiliers! Ces derniers ne semblent d’ailleurs pas vraiment assainis : 52% des ménages étasuniens doivent consentir à un sacrifice afin de pouvoir rembourser leur crédit immobilier.

Les prêts étudiants sont problématiques aux Etats-Unis, non seulement à cause de leur montant considérable mais aussi parce qu’il y a de plus en plus de défauts de paiement. Comme le rapportait ZeroHedge , les emprunts étudiants en défaut de paiement ont atteint le record de 124 milliards de dollars au dernier trimestre de l’année 2013, en comparaison des 121 milliards de dollars au trimestre précédent.

La tendance outre-Atlantique n’est pas au désendettement, bien au contraire. Il est assez remarquable que l’Etat observe un comportement similaire à celui de ses citoyens. Mais le plus extraordinaire, c’est certainement le fait que le gouvernement a pleinement conscience de la situation. Comment réagit-il ?

L’action démocrate

Barack Obama a annoncé des mesures afin de permettre aux étudiants d’éviter de rencontrer des problèmes de remboursement. Par exemple, étendre l’imposition d’un plafond de remboursement mensuel correspondant à 10% du revenu de la personne. Cette mesure est déjà appliquée, mais uniquement pour les gens ayant emprunté après octobre 2007.

En parallèle, la sénatrice démocrate Elisabeth Warren a proposé d’alléger le fardeau des emprunteurs en leur permettant d’obtenir une révision de leur taux de crédit. Il convient de préciser que les taux d’emprunt étudiant sont excessivement élevés en ces temps où les banques centrales continuent leurs grandes braderies, ils peuvent atteindre les 8,5%. L’abaissement des taux serait financé par une nouvelle taxe touchant les personnes les plus riches. Cette proposition est soutenue par Barack Obama.

Le cercle vicieux de la volonté de croissance

Plutôt que de chercher des moyens pour réduire le nombre d’emprunteurs ou la taille de l’emprunt, le gouvernement étasunien propose l’allongement de la durée des crédits ou la mise en place d’une nouvelle taxe pour réduire un peu le fardeau. Il serait par exemple hors de question de réduire les frais de scolarité ou de développer des études peu coûteuses à distance comme le permet de le faire dorénavant Internet. Pourquoi ?

Pour la simple et bonne raison que la croissance prime. L’endettement favorise la croissance, en tout cas, celle des établissements financiers et des universités qui reçoivent, en parallèle des étudiants américains, quantité d’étrangers ayant eux les moyens de payer les frais de scolarité puisqu’ils font partie de l’élite de leur pays.

La situation est déjà préoccupante, mais l’administration Obama pourrait l’empirer avec cette mesure envisagée : les parents n’ayant pas les moyens d’accéder à la plupart des crédits pourraient obtenir des conditions d’emprunts assouplies afin de financer les études de leurs enfants. Un scénario ressemblant étrangement à celui des subprimes et dénoncé par plusieurs économistes. Il me paraît déjà incroyable qu’une telle proposition puisse voir le jour.

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