Mali : où sont les morts ?

Ne trouvez-vous pas étrange que les armées françaises et maliennes, main dans la main, réussissent à reprendre les villes du nord Mali, progressivement et sans effusion de sang ?

Quatre morts français dénombrés depuis le début du conflit malien: un soldat tué dans un hélicoptère, trois avant même d’avoir pu rejoindre le front africain, ironiquement assassinés par le verglas français.

Faites un petit test assez intéressant. Tapez « mali mort » dans Google actualité (sauf pour ceux bien sûr qui sont contre la domination du géant de l’internet). Qu’y trouvez-vous ? Un buzz autour d’un militaire français à tête de mort. Déroulez un peu et vous constaterez à la marge un lynchage d’un chef islamiste et deux morts nigérians.

Nous voici donc enfin dans une guerre avec zéro mort civil comme il est clamé dans Agoravox. Ce dont on parle, c’est la polémique autour d’un soldat se croyant dans un jeu vidéo. Pourtant, cette polémique révèle bien comment on peut en arriver là. Croire que la guerre ne fait pas de mort peut entraîner l’identification entre un jeu et la réalité.

Il nous paraît tout à fait anormal que la guerre n’ait pas fait de nombreuses victimes côté terroristes. Ou alors, et c’est une autre possibilité, les terroristes ont fui massivement vers le nord qui reste encore grandement en leur possession.

Soit la guerre au Mali était une guerre sans mort, ce dont on doute (mais le doute est-il permis ?), soit les terroristes se replient pour rassembler leurs forces et pouvoir se défendre plus efficacement.
Les morts sont en général au premier rang des informations, ils sont la principale manne médiatique. Comment mettre en cause dans ce cas les médias? S’il y avait des morts, nous serions automatiquement informés.

Pourtant le doute s’insinue à constater la difficulté des journalistes à être au premier rang des combats, d’abord par souci de sécurité de la part des militaires français qui ne souhaiteraient pas être responsables de morts françaises civiles.

Quoi qu’il en soit, j’ai la désagréable sensation d’être le spectateur d’une campagne de désinformation orchestrée par un gouvernement démocratique et relayée par les médias, ces derniers pouvant mettre en avant qu’ils diffusent ce qu’ils peuvent.

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