Du nationalisme religieux de François Hollande lors de la cérémonie d’hommage à la Résistance

Il ya quelques années déjà que François Hollande à célébrer le sacrifice pour la Patrie et sanctifie ses héros.
« Cette année, Mesdames et Messieurs, nous allons commémorer le 70ème anniversaire de la Libération de la France. Cette année, nous allons célébrer un esprit, celui qui doit d’ailleurs nous animer à chaque instant, l’esprit de Résistance, l’esprit de grandeur et de dépassement, porté par des hommes et des femmes dont tous les récits – et je souhaite qu’ils puissent être retracés – portent l’héroïsme et soulèvent l’admiration. »

Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. L’esprit, sans majuscule, c’est celui insufflé par la Patrie (dérivé de pater, le père en latin, mais il s’agit ici d’un féminin). En son nom, ses filles et ses fils ont sacrifié leur vie, cela ne vous rappelle-t-il pas l’histoire d’un certain Jésus ? Les mots sont presque les mêmes, le contexte s’est laïcisé.

« Des mots sont difficiles à utiliser pour rappeler ce qu’ont été ces hommes ou ces femmes. On se pose la question, toujours la même : comment ont-ils pu trouver en eux-mêmes cette capacité d’agir, ce courage, cette bravoure ? Régis DEBRAY a eu les mots pour qualifier ces hommes ou ces femmes : « ordinaires qui ont accompli l’extraordinaire ». Des hommes et des femmes qui ont obéi à ce qu’il y a de plus noble en chacun d’entre nous. Qu’ont-ils cherché ? A servir le destin collectif de la Nation, à porter la résistance face à l’occupant, face à toutes les oppressions, sûrement. »

La Nation correspond à la communion des filles et des fils de la Patrie, ce collectif uni au nom duquel toute personne peut être amenée à sacrifier sa vie, comme les saints peuplant le paradis. Ce qu’il y a « de plus noble en chacun de nous » est indicible pour le chef de l’Etat, il renverrait à une réalité religieuse de la politique insoutenable : la Patrie engendrant la Nation est en nous, tel le Père dans le christianisme.

Dans la suite du discours, François Hollande annonce les élus au Panthéon de la Nation, il dit vers la fin : « le Panthéon est fait pour que la France soit à la hauteur d’elle-même, pour que la République soit toujours prometteuse, et pour que, aussi, la France continue de porter des valeurs qu’elle incarne dans le monde et qu’elle mette au service de sa propre réussite. »

La République emprunte à la Grèce antique, elle sonne comme une rupture par rapport aux extraits précédents et confère une féminité supplémentaire aux idées fondatrices de la société française. Mais s’agit-il d’une distanciation réelle d’avec la religion ou d’un effet lexical ? La République grecque portait-elle des promesses ? Annonçait-elle un avenir radieux pour ses citoyens ? Certainement pas, au alors seulement à ceux qui avaient la chance de ne pas être esclaves.

La promesse renvoie à celle de Jésus, à celle de Marx, à celle d’un homme qui prend sur lui les malheurs de l’humanité et croit pouvoir l’en libérer. La République ne fait pas de promesse, seuls les hommes en font, parfois pour le plus grand malheur terrestre de ceux à qui ils les font. Et François Hollande de conclure :

« Le Panthéon, c’est un monument pour que la France prenne conscience qu’elle est un grand pays avec une belle histoire mais aussi un avenir où le bonheur est possible.

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