Centrafrique: et une guerre économique de plus, une!

Inutile d’effectuer le parallèle historique, d’un point de vue rhétorique, entre les croisades et l’intervention militaire, c’est déjà fait pour le Mali. Venons-en directement aux faits. D’abord, un léger coup d’œil à la géographie régionale nous informe que la Centrafrique est entourée des pays suivants: Congo, Cameroun, Tchad, Soudan, Soudan du Sud, RDC. Trois de ces pays entretiennent des relations économiques étroites avec la France: Cameroun, Congo, Tchad. Les informations suivantes sont issues directement du site France Diplomatie.

Cameroun et Congo, des partenaires privilégiés

« La France reste le premier fournisseur hors pétrole du Cameroun devant la Chine. Le Cameroun est notre deuxième client (derrière le Gabon) et deuxième fournisseur (derrière le Congo) en Afrique centrale et se révèle un partenaire significatif pour les importations françaises de certains produits (fruits tropicaux, aluminium, bois et pétrole).

Le solde commercial France-Cameroun en 2012 a présenté un excédent de 455 M€. Les exportations françaises ont progressé (+6%) à 672 M€ ; elles sont constituées de produits agricoles (98 M EUR), de produits pharmaceutiques (96 M EUR), de machines industrielles (96 M EUR) et de produits des industries agroalimentaires (79 M EUR). Les importations françaises (217 M EUR), constituées de pétrole, bananes, cacao, aluminium et bois, sont en baisse de 25,9 % en raison de la mauvaise conjoncture française qui se traduit par une réduction des importations de cacao (-18,2%) et d’aluminium (-57%)… »

« La France demeure de loin le premier partenaire du Congo, à la fois en tant que premier fournisseur (21% du marché), premier investisseur et premier créancier. Plus d’une centaine d’entreprises françaises sont présentes au Congo, employant près de 12 000 salariés dont un millier d’expatriés. «

Le Cameroun exposé au conflit centrafricain

En Septembre 2013, Abdoulaye Miskine, le chef rebelle centrafricain du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) a été arrêté au Cameroun. Cet ancien allié de la Seleka, la coalition qui a fait tomber François Bozizé, était recherché par les nouveaux maîtres de Bangui. Selon RFI: une source militaire explique que Miskine se servait de l’Est camerounais comme base arrière et était susceptible de déstabiliser la sécurité de la région. Sécurité déjà mise à mal par l’afflux de réfugiés et d’hommes en armes fuyant la Centrafrique après le coup de force de mars dernier.

La France, gendarme de l’Afrique

La porosité des frontières n’est pas propre qu’au Mali, au Nigeria ou à la Libye semble-t-il. Libre à vous de croire au discours humaniste du président de la République clamant « la France n’a pas d’autre objectif que de sauver des vies » alors qu’Hubert Védrine rend un rapport expliquant comment la France se fait doubler par la Chine en Afrique et qu’un forum économique franco-africain est organisé à Bercy pour dynamiser les relations commerciales.

La France continue ainsi son administration déguisée de l’Afrique sous la forme d’un gendarme s’assurant la stabilité de ses approvisionnements et débouchés. Décidément, il paraît bien loin le temps où Jacques Chirac s’opposait ouvertement à l’invasion de l’Irak, ravivant la fierté d’une nation qui pouvait s’insurger alors d’une voix commune contre l’ingérence américaine à but économique.

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